Fusion d'établissements à Bastia : Que cache cette mesure du rectorat?
Le mercredi 4 février 2009, une délégation de représentants de la CTC, conduite par MM. Petrucci et Leccia s’est rendue à la cité technique de Montesoro pour y rencontrer les représentants des personnels et des élèves des établissements rassemblés pour l’occasion.
L’objet de cette visite : annoncer la fusion du lycée Paul Vincensini et du lp Fred Scamaroni en une seule et même entité.
En l’absence de toute concertation préalable, alors même que la C.T.C juge inutile de siéger aux conseils d’administration des établissements concernés, cette initiative a surpris l’ensemble des personnels et des syndicats et fait réapparaître de profondes inquiétudes, dans un climat national alourdi par les mesures drastiques de réduction de moyens du service public d’éducation, de projet de réforme du lycée, et de réduction d’un an de la préparation au bac professionnel.
La fusion telle qu’elle se dessine n’est pas sans soulever nombre d’interrogations :
- Quant à la pérennité des moyens affectés : Alors que nombre d’agents d’entretien et de service ont été redéployés ailleurs ou sont déjà en situation de précarité ( demi postes, intérimaires….) et quand les travaux d’étanchéité et de mise en sécurité ( intrusions ) ne sont parfois pas même engagés faute de ressources.
- Quant à la plus value pédagogique qu’engendrerait la concentration en un seul établissement de plusieurs entités aux problématiques et aux finalités aussi distinctes que complexes ( mécanique automobile, agro alimentaire, mode, hôtellerie et restauration, électronique, construction métalliques, génie électrique, gestion, comptabilité, secteur médico-social, informatique industrielle ….etc ).Sachant que les passerelles existent déjà entre filières professionnelles et technologiques et que la population scolaire nécessite un suivi individualisé que de plonger dans l’anonymat d’une structure géante dont le procès n’est plus à faire, on reste perplexe sur les buts poursuivis.
- Quant à la possibilité de piloter efficacement une telle usine à gaz avec une équipe de direction déjà réduite à 2 adjoints et un proviseur.
- Quant au respect des statuts des enseignants (CAPES, CAPET, PLP2 ) appelés à être rattachés sur un seul et même établissement .
- Quant aux perspectives évidentes de labellisation du nouvel ensemble en lycée des métiers dont l’effet, maintenant bien connu, serait désastreux : hémorragie des élèves des catégories et professions favorisées, extinction des séries générales, fin de la mixité sociale, relégation des quartiers sud de Bastia renvoyés à des formations courtes à fins d’employabilité, le lycée de centre ville se réservant les filières dites nobles et les études longues au mépris de la cohésion sociale et de l’égalité des chances.
Le SNES au coté du SNUEP a fait part de ces craintes aux représentants de la CTC et a initié un vaste débat démocratique en associant les fédérations et associations de parents d’élèves, les agents et les politiques. De nombreux contacts ont été pris, des rendez vous fixés ; nous ne laisserons ni la CTC ni le Rectorat décider seuls de l’avenir du service public d’éducation en Corse.